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En tant que producteur laitier, vous êtes toujours à la recherche de moyens d’améliorer la santé et la productivité de votre troupeau. La mélasse liquide est un complément alimentaire souvent négligé, mais très bénéfique. Cet article explique comment l’incorporation de mélasse liquide dans l’alimentation des vaches laitières peut améliorer la production de matière grasse et la santé générale du troupeau.
Sous-produit de la production de sucre, la mélasse liquide est riche en saccharose et autres glucides naturels. Elle constitue une excellente source d’énergie, de vitamines et de minéraux facilement assimilables pour les vaches laitières, ce qui en fait un complément précieux à leur régime alimentaire.
Avantages de la mélasse liquide
- Augmentation de l’énergie : La mélasse constitue une source d’énergie rapide grâce à sa teneur élevée en sucre. Cela peut être particulièrement bénéfique pendant les périodes où la demande en énergie est élevée, comme la lactation. Les sucres présents dans la mélasse sont rapidement fermentés dans le rumen, produisant des acides gras volatils (AGV), tels que le propionate et le butyrate, essentiels au métabolisme énergétique et à la production de lait.
- Amélioration de la digestibilité des fibres : Les sucres contenus dans la mélasse contribuent à stimuler la croissance des bactéries digérant les fibres dans le rumen. Il en résulte une meilleure digestion des aliments fibreux, ce qui permet aux vaches d’extraire davantage de nutriments de leur alimentation. L’amélioration de la digestion des fibres entraîne une augmentation de la production d’acétate, un AGV qui est un précurseur clé de la synthèse de la matière grasse du lait.
- Stabilisation du pH du rumen : Contrairement à l’amidon, qui peut provoquer une acidose, la mélasse contribue à maintenir un pH stable dans le rumen. L’effet tampon de la mélasse favorise un environnement microbien sain, prévenant les troubles digestifs et assurant une activité microbienne optimale. Cette stabilité est essentielle pour maximiser l’efficacité alimentaire et la production de lait.
- Augmentation de la prise alimentaire : L’appétence de la mélasse encourage les vaches à consommer davantage d’aliments. Une plus grande consommation d’aliments peut entraîner une augmentation de la production de lait et une amélioration de l’état corporel. La mélasse peut masquer le goût des ingrédients moins sapides, ce qui rend l’ensemble de la ration plus attrayante pour les vaches.
- Augmentation de la production de matière grasse : L’un des avantages les plus significatifs de la mélasse est son effet positif sur la production de matière grasse. Les sucres facilement assimilables présents dans la mélasse favorisent la production d’AGV dans le rumen, en particulier l’acétate et le butyrate, qui sont directement impliqués dans la synthèse de la matière grasse du lait. Des études ont montré que les rations supplémentées en mélasse peuvent conduire à une teneur plus élevée en matière grasse dans le lait.
Mary Beth de Ondarza, nutritionniste laitière de renom, a mené des recherches approfondies sur le rôle des sucres dans l’alimentation des vaches laitières. Ses conclusions mettent en évidence plusieurs points essentiels.
- Fonctionnement du rumen et sucres : De Ondarza souligne que les sucres, comme ceux que l’on trouve dans la mélasse, sont essentiels au fonctionnement optimal du rumen. Ils stimulent la croissance des microorganismes bénéfiques qui améliorent la digestion des fibres et l’absorption générale des nutriments.
- Production laitière et composants : Selon la nutritionniste, l’incorporation de sucres dans la ration peut stimuler la prise alimentaire avant le vêlage et améliorer la production laitière et les composants. Cela est particulièrement bénéfique pour maintenir des niveaux élevés de matière grasse dans le lait.
- Atténuer la baisse du taux de gras du lait : Ses recherches indiquent également que les sucres peuvent être bénéfiques pour les voies du rumen qui contribuent à atténuer la baisse du taux de gras du lait, assurant ainsi une production constante de matières grasses, même pendant les périodes où l’alimentation est difficile.
Importance de la production de matière grasse
Non seulement une production globale élevée de matière grasse (pas seulement en pourcentage) indique une alimentation et un environnement bien équilibrés pour vos vaches, mais elle est également essentielle pour maximiser la rentabilité du quota.
- Un ratio de solides non gras (SNG) supérieur à 2,2 n’est pas souhaité par l’industrie laitière et laisse de l’argent sur la table en ne rémunérant pas la totalité des protéines. Par exemple, pour un troupeau de 100 vaches respectant le quota et produisant en moyenne 35 litres de lait avec 3,95 % de matière grasse, 3,2 % de protéines et un ratio SNG de 2,31, il y aurait une pénalité de 441 $ par mois pour l’excédent en protéine. Cependant, en corrigeant le pourcentage de matière grasse à 4,15 % et en ramenant le ratio SNG à 2,2, le chèque mensuel pour le lait augmenterait de 4 804,89 $.
- Avec une production de matière grasse plus élevée par vache, moins de vaches sont nécessaires pour remplir le quota, ce qui permet d’optimiser le rendement des aliments. Dans ce scénario, il faudrait presque 5 vaches de moins pour atteindre le même quota qu’au point de départ, ce qui réduirait le coût global de l’alimentation de 5 %. Cela s’accompagne également d’une réduction de la densité de logement, d’une augmentation de l’espace à la mangeoire par vache et d’une réduction du temps de traite.
- Dans le scénario initial, une vache moyenne produit 1,38 kilogramme de matière grasse par jour. L’augmentation de la production moyenne de matière grasse par vache par jour, tout en maintenant le ratio SNG à 2,2, a un impact économique positif significatif sur les résultats. L’augmentation de la moyenne quotidienne de matière grasse à 1,50 kilogramme par animal par jour augmente le chèque mensuel de lait de 7 893,10 $. Ce scénario permet de remplir la même quantité de quota avec 8 vaches de moins, ce qui réduit le coût de production de 8 %, sans compter les avantages connexes décrits ci-dessus.
Pour maximiser le rendement par kilogramme de matière grasse, seule une approche axée sur la santé est viable. L’ajout de mélasse liquide dans l’alimentation des vaches en lactation peut être une excellente approche pour stimuler la santé du rumen et la production de matière grasse.
Application pratique
Pour maximiser les avantages de la mélasse liquide, il faut l’incorporer dans l’alimentation en respectant les quantités recommandées. En règle générale, la mélasse est ajoutée dans la ration totale mélangée (RTM) ou distribuée par-dessus le fourrage. Il est essentiel de mélanger la mélasse avec d’autres composants alimentaires pour garantir un profil nutritionnel équilibré. Le taux d’incorporation habituel est de 2 % à 5 % de la consommation totale de matière sèche, mais il peut varier en fonction des besoins spécifiques du troupeau et de la composition des aliments.
L’incorporation de mélasse liquide dans l’alimentation des vaches laitières peut présenter de nombreux avantages, notamment une augmentation des niveaux d’énergie, une meilleure digestibilité des fibres, une stabilisation du pH du rumen, une augmentation de la prise alimentaire et une augmentation de la production de matière grasse. En tirant profit des avantages de ce complément alimentaire polyvalent, vous pouvez améliorer la santé et la productivité de votre troupeau, ce qui se traduira par une meilleure qualité du lait et une plus grande production de matière grasse.
Anton Reijmers est le directeur général de Liquid Feeds Inc.
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